Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 15:58

Le Tea Party, seule saveur de 2010 ?

En cette soirée de détresse pour les démocrates de Barack Obama, républicains et représentants du Tea Party, les Tea Baggers, se congratulent autour de leur union temporaire, mais victorieuse. Les élections du 2 novembre 2010 consacrent une vague rouge conservatrice remportant 239 sièges à la Chambre des représentants, 46 au Sénat et 29 postes de gouverneurs. Devant cette réussite quasi totale, deux ans après leur défaite aux élections présidentielles, il n'existe pas de différences en apparence entre le Grand Old Party (GOP) et les nouveaux venus ultraconservateurs. Les premiers savourent en effet leur retour au sommet et les seconds s'enflamment devant leur succès, seulement quelques mois après leur apparition.

Si 2008, voire 2006, consacraient le changement, 2010 a apporté sa nouveauté : la présence sur-médiatisée d'un tiers parti au sein d'un système ancestralement bipartite. Le Tea Party souhaite désormais s'inscrire dans la durée. Mais quel est réellement l'impact de ce groupe sur ces élections et sur le futur de la droite républicaine ? Les candidats victorieux au poste de sénateurs comme Scott Brown en Pennsylvanie en février dernier ou Rand Paul dans le Kentucky ou encore Marco Rubio en Floride aux dernières élections doivent-ils perçus comme la nouvelle flamme républicaine ou les porte-drapeaux d'un parti émergent ?

Des extrémistes en quête perpétuelle d'autonomie

Le Tea Party se définit comme une nébuleuse conservatrice, anti-establishment, qui fait frissonner aussi bien dans les couloirs de l'Administration démocrate que dans les rangs républicains. L'expression Tea Party fait référence aux prémices de la révolution américaine de 1773 à Boston et se prétend être le symbole d'un retour résolu à la pratique politique des Pères fondateurs et à la Constitution.Les manifestants Tea Party, anciennement et vulgairement appelés "Tea Baggers", veulent qu'on “leur rende leur pays ”, prétendument volé par Barack Obama et sa politique jugée trop libérale, à la limite du socialisme. Un retour aux traditions voire à l'isolationnisme.

Apparu au printemps 2009, le Tea Party, porté par un large enthousiasme et des campagnes à plusieurs millions de dollars, a su capitaliser sur une série d'événements. Une opposition active à la réforme du système de santé, l'énervement envers la situation économique et le “ stimulus package ” de 787 milliards de dollars a permis de jouer sur la paranoïa, l'angoisse et l'antiélitisme tout en s'entourant de figures emblématiques comme Sarah Palin, l'ex-colistière de John McCain, candidat à la Maison Blanche en 2008 et de Glenn Beck, animateur star de la chaîne conservatrice américaine, Fox. Ce dernier a notamment organisé un « rally » à succès le 31 août dernier sur le mail devant le Lincoln Memorial, réunissant plus de 85 000 militants.

Le Tea Party, s'il est classé à droite, entend toutefois conserver une certaine indépendante vis-à-vis des républicains, en renvoyant dos à dos les deux grands partis, souvent soupçonnés de collusion par l'opinion publique. Le parti extrémiste réclame d'ailleurs aux républicains douze sièges à la Chambre des représentants et quatre au Sénat.

L'une des créatrices du mouvement, Jenny Beth Martin, rappelle, au soir du 2 novembre dernier, qu'“il ne s'agit pas que d'une seule élection et que ce n'est pas une victoire des républicains ”, bien que cela en ait tout l'air.

Il est donc difficile de placer parfaitement le Tea Party sur l'échiquier politique. Si certains experts français en la matière, tel Romain Huret, constatent que des mouvements de ce type apparaissent tous les vingt ans, poussés par le mécontentement général et les montées nationalistes, le Tea Party semble, une fois n'est pas coutume, s'appuyer sur de solides fondements.

Selon les manifestants du Tea Party, les Américains se sont rendu compte qu'ils s'étaient trompés il y a deux ans, avec l'élection de Barack Obama. Au sortir des urnes, quatre Américains sur dix exprimaient d'ailleurs leur soutien au mouvement extrémiste.

Les médias, acteurs de la montée nationaliste

Le Tea Party s'est formé une réputation grâce à sa présence médiatique inédite. Si chaque fait et geste du président Obama est observé et détaillé sur Internet et à la télévision, ceux des représentants et supporters Tea Party l'ont été tout particulièrement aussi ces derniers mois.

Avec des personnages hauts en couleur, éludant ainsi des sujets plus sérieux et consensuels, des figures controversées par leurs propos souvent à la limite du racisme et leur implication dans une possible dérégulation de la balance bipartisane au Congrès, le Tea Party a eu de quoi occuper l'espace médiatique. En reprochant à Barack Obama d'avoir failli à son slogan “Yes, we can”, en dépensant l'argent des contribuables et celui des générations futures, le mouvement a acquis les voix de plusieurs millions de personnes, issues particulièrement des classes moyennes souhaitant être davantage consultées et exigeant le recul du pouvoir fédéral.

Le Tea Party Express Tour, un tour en bus à travers l'Amérique profonde, a permis de constater que les Américains ne veulent plus d'un assistanat de Washington à distance. Combien parmi ces congressistes protestataires savent que Barack Obama a déjà réduit de manière historique leurs impôts grâce au Stimulus Plan et leur vient en aide grâce à la réforme de Santé qui n'a certes pas encore été appliquée ? Peu à coup sûr, mais ces gens-là veulent tout, tout de suite. Un credo parfait pour un mouvement contestataire et populiste, qui n'a certes pas les épaules pour être au gouvernement, mais qui correspond parfaitement à la demande de ces patriotes.

Alors le Tea Party, fragile bande d'allumés ou durables politiciens ?

Ce nouveau parti n'est pas sans faille. Outre le soutien populaire, certaines voix au sein des Républicains pointent d'ores et déjà les défaillances des nouveaux élus de la politique outre-Atlantique. En effet, les défaites de Christine O'Donnell dans le Delaware pour le poste de sénateur, pourtant figure de proue du mouvement durant la campagne électorale, ou dans le Colorado dans la course des gouverneurs où le Tea Party finit troisième, sèment le trouble quant à la fiabilité des ultras conservateurs qui privent les républicains de postes influents et de la majorité au Sénat. Car si ces dangereux Tea Parties ne s'étaient pas interféré lors des primaires, les républicains l'auraient à coup sûr emporté dans ces États. Dans le Nevada également, le célèbre démocrate Harry Reid n'a du son salut qu'à une ambition trop personnelle du candidat du Tea Party.

C'est donc un mouvement minoritaire et transgressif, malgré ses allures de vague majoritaire, qui a perdu des combats qui se présentent face à un nouveau défi, celui des présidentielles de 2012. Il faudra compter sur eux à coup sûr.

Certains américanistes reconnus, comme Vincent Michelot en France, lors d'une conférence à Sciences Po Lyon, continuent toutefois d'affirmer qu'il s'agit d'un mouvement social, mais transgressif et que leurs représentants comme Sarah Palin nuisent à la politique américaine et à leur propre parti à chacune de leur intervention publique par la faible qualité de leurs propos.

Le Tea Party peut-il garder sa puissance médiatique et son aura sans échéances électorales proches ? Il faudra pour cela réussir à collaborer de près ou de loin avec les Républicains tout en gardant l'autonomie qui leur est si chère. Un pari difficile, mais pour l'heure, il est temps de gouverner. Bon courage. 

Par Bertrand de Volontat
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Lundi 15 novembre 2010 1 15 /11 /Nov /2010 22:54

Portrait Claude Puel

 L'exemplaire entraîneur de l'Olympique lyonnais, Claude Puel, se retrouve au sein d'une polémique liée à son manque de communication et aux mauvais résultats qui frappent actuellement son équipe. Portrait d'un homme sérieux mais sévère qui pourrait pour la première fois en trente ans de carrière, d'entraîneur et de joueur confondues, prendre la porte de son club.

 

Claude Puel se fait rare dans les médias et c'est le secret de sa réussite. Du moins jusqu'à ces derniers mois. Une discrétion et une solitude dans l'accomplissement de son travail qui lui ont permis de construire son palmarès et sa carrière aussi bien en tant qu'entraîneur, mais également en tant que joueur. Un homme fidèle, tout d'abord à l'AS Monaco, son club formateur où il passe l'intégralité de sa carrière professionnelle de 1979 à 1996 avec un total de 601 matches.

Ce milieu récupérateur, souvent cantonné au banc de touches en début de saisons mais gagnant systématiquement une place de titulaire, n'a jamais rechigné à la tâche avec des capacités physiques hors normes malgré sa taille moyenne (1m77 pour 76 kilos). Il devient logiquement entraîneur du club de la Principauté avec lequel il gagne dès 2001 le titre de champion de France. Une performance suivie d'un départ vers Lille et le LOSC, pour lequel il officie durant sept saisons, un record de longévité pour un entraîneur en France. Nouveau symbole d'attachement et d'investissement total. Il concède que son seul moteur est la compétition.

 

L'OL, un autre univers

 

A Lyon depuis 2008, il rencontre une nouvelle dimension, celle d'un club à l'envergure internationale qui l'oblige peu à peu à se dévoiler en raison d'une plus grande exposition. Le public plus exigeant, des médias plus présents et des résultats décevants, Lyon n'ayant pas gagné le championnat depuis son arrivée malgré la conquête de huit titres d'affilée, transforment l'image que Claude Puel s'était façonnée ces trente dernières années.

Ce tournant dans sa carrière l'oblige ainsi aujourd'hui à occuper le terrain médiatique qu'il a tant fui. En effet, malgré qu'il eut été l'an passé le premier coach à emmener l'Olympique lyonnais en demi-finales de la Ligue des Champions, la prestigieuse compétition européenne, Puel est l'objet d'attaques personnelles. Physiques tout d'abord quand chahuté et traqué en pleine rue, et ensuite morales au stade, des banderoles “Puel démission” aux chants des supporters scandant leur désaccord envers les choix de l'entraîneur. Une véritable chasse à l'homme qui pousse donc le timide mais sévère Tarnais (il est originaire de Castres) à sortir de son silence. Sa personnalité froide et intransigeante dérange mais il est dur de le faire plier. Un résistant roseau qui n'aime pas être dérangé et qu'il est difficile d'arracher.

 

Une opération séduction suffisante ?

 

Cette récente mais éphémère libération dans les médias s'apparente à une réelle opération séduction, largement poussée par son président Jean-Michel Aulas qui continue à le soutenir, même après une singlante défaite début octobre face à l'éternel rival stéphanois à domicile, un but à zéro. Un énième désaveu qui rappelle à Claude Puel que la seule réponse qui satisfera les attentes se trouve dans les résultats sportifs sur le terrain.

Alors ultime tentative ou nécrologie, la large présence de Puel dans les médias lui permet toutefois de rappeler les valeurs qu'il protège sous sa carapace: un modèle exemplaire de résistance. “Je dois montrer aux joueurs qu'on maintient le cap, même dans l'adversité”. Sa transformation médiatique n'a cependant été que de courte durée, Puel ayant déjà repris son quotidien renfermé sur son travail, loin des micros et des caméras.

Claude Puel est-il encore l'homme de la situation, celui qui couvrira efficacement l'équipe lyonnaise durant l'automne et l'hiver ou Puel est-il un homme fini sur le banc de la formation rhodanienne ?

L'homme délègue peu et aime tout maitriser mais dans une telle entreprise, largement maitrisée par Jean-Michel Aulas et Bernard Lacombe, conseiller spécial de son président, il parait désormais difficile pour l'ex entraîneur lillois de poursuivre dans cette voie. L'OL est à un tournant et à l'image de son coach devra s'adapter aux nouvelles conditions de travail, à la recherche d'un second souffle.

La souplesse, peut-être une qualité manquant cruellement à Claude Puel qui n'a plus grand chose à prouver mais qui se battra jusqu'au bout, pour le sport qu'il défend et pour lui, même avec un vent de face intransigeant.

Le roseau plie mais ne se rompt pas.

 

Par Bertrand de Volontat
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Jeudi 13 mai 2010 4 13 /05 /Mai /2010 17:05

Cette nuit a débuté par une déception : un membre cher à notre bande de joyeux lurons a quitté le navire avant le départ. La faute à la perte de sa place avant même de partir de chez lui et le constat de cette perte sur les coups de 11 heures. Il était trop tard. Sa nuit fut silencieuse. RIP. 

Labélisé : pour la première nuit sonore à Lyon, tous les détails d'un vrai festival électro étaient réunis : 5 scènes - 2 délaissées et 3 débordées, de la bière bon marché, une affluence record, de vaines tentatives de rendez-vous avec ses amis au milieu de la nuit, des coupures d'électricité, des ruptures de tympans, des pogos débiles pour adolescents obsédés par l'utilisation violente de leurs coudes, et enfin des groupes de qualité. 

J'étais venu admirer les performances de Hot Chip, Vitalic, Paul Kalkbrenner et éventuellement Glass Candy. Le groupe londonien, malgré une prestation lisse et sans reproche, a dû toutefois entrecouper son apparition d'entractes à répétition pour des problèmes techniques. Le régisseur de la scène a tenté tant bien que mal de les justifier en faisant des blagues inaudibles et de mauvais goût sur EDF. Insuffisant. 

La partie "pure électro" de la nuit a en revanche été impeccable : un son propre, des basses joyeusement assourdissantes, des DJs respectant leur public avec des sets dignes de leur niveau et de leur influence. Plaisant. 

Le mauvais point revient à l'organisation : quand hier matin, je me suis aperçu que le festival affichait complet, je me doutais bien de la folie que se serait quelques heures plus tard. J'étais cependant loin de m'imaginer un tel cirque. Il y avait 1000 personnes en trop. Au bas mot. Je me demande si les organisateurs avaient décidé d'allouer un mètre carré par personne et de vendre jusqu'au dernier recoin mais l'espace vital était à certains endroits assez réduit. Pour savourer le son, il fallait donc se positionner bien loin de la scène. Pas idéal. Je ne suis généralement pas allergique aux foules survitaminées, mais celle d'hier soir a été la raison principale pour laquelle j'étais heureux de m'extraire de cet univers, en plus de la fatigue évidente du petit matin. Déplaisant. 

Le retour fut sûrement la partie la plus désagréable. De la marche sans fin pour revenir de la confluence inhabitée. Aucun service de transport, aucun vélo. En ce qui concerne les taxis, ce n'est plus une surprise. 

Par Bertrand de Volontat
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Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 17:17

Twitter a été utilisé après les événements dramatiques à Haïti comme relais principal pour la mobilisation mondiale des dons pour la reconstruction de Port-au-Prince et ses environs.

 

Il faut le reconnaître, la majorité des internautes ne saisissent pas (encore) l'utilité voire le principe même de Twitter. Voilà un bon exemple permettant d'expliquer aux non initiés un des services que peut rendre ce site de micro-blogging, encore peu démocratisé en France.


Twitter, relais d'informations pour les Haïtiens


Le séisme à Haïti a mis en exergue le visage pluriel de Twitter, un outil qui peut avoir plusieurs fonctions intimement liées aux differents temps du séisme. Le temps court, c'est-à-dire le tremblement de terre à proprement parlé, le temps intermédiaire, la période durant laquelle on décompte le nombre des victimes et des dommages occasionés par le séisme et enfin le temps long, celui de la réconstruction après le seisme.

De ce fait , compte tenu de ces différents moments de l'événement, l'usage de Twitter répond à des emplois différents selon le moment où l'utilisateur se trouve. Twitter a ainsi servi à rendre compte, à décrire la situation de chaos que vivait les Haïtiens. Ils ont utilisé Twitter pour obenir des nouvelles de leurs proches et communiquer sur leur situation, le réseau téléphonique étant notamment coupé. Le cas d'utilisation de Twitter le plus marquant reste celui de l'utilisatrice Maite67 (@maite67) qui lança un appel au secours en pleine nuit pour être prévenue si jamais ses parents venaient à être retrouvés au milieu des décombres.

Twitter a aussi, assez tragiquement, permis de recenser le nom des disparus, permettant à leurs proches d'être informés le plus rapidement possibles. Cette méthode a évidemment été contestée sur un plan éthique mais cette technique de recencement aura tout de même permis à un grand nombre d'être fixé sur le sort de leurs familles (@HaïtiMissing)


Un allié majeur dans la récolte des dons


Ensuite , Twitter a été très largement manié comme outil visant à faire un appel au don pour faciliter la reconstruction du pays. Les messages "HelpHaiti " se sont multipliés et le mot "Haiti" fait parti des trending topics majeurs sur Twitter. A ce moment, les Haïtiens ne sont plus les seuls à se servir de Twitter mais c'est toute la communauté internationale, émue par l'événement, qui s'empare du réseau, tout comme les ONG qui continuent de se mobiliser. La fonction retweet a notamment été très utilisée pour diffuser les demandes de dons. Le retweet permet de reprendre exactement l'information d'un utilisateur pour la partager à son tour sur son mur et lui offrir ainsi une exposition plus importante. Les appels à la générosité se sont donc multipliés sur le site en provenance notamment des associations caritatives mais aussi de la Croix Rouge.


Les stars se mobilisent sur Twitter


De Wyclef Jean à George Clooney, les chanteurs et acteurs se sont appropriés le réseau pour déclencher un vaste mouvement de mobilisation des internautes. Yele, l'association caritative de l'artiste haïtien, était le sujet le plus lu par les utilisateurs et son site internet dont le lien fut largement relayé sur Twitter ne tarda pas être saturé, les dons s'amassant à grande vitesse. Wyclef Jean ayant près de 1,5 million de suiveurs sur Twitter, il est aisé de s'imaginer l'impact de ses messages. De même, Hope For Haïti Now, l'association de l'acteur américain a trouvé en Twitter son point d'ancrage sur la scène internationale pour sensibiliser et toucher un très large public de donateurs. Enfin, Twitter a lui-même relayé les informations du site via le sujet “Hope140” qui redirige vers une plateforme (http://www.hope140.org) présentant toutes les possibilités de suivre ce qui se passe à Haïti et ce qui se dit sur le séisme sur Twitter. Des particuliers à d'autres stars, les tweets s'enchaînent et tous les utilisateurs se sentent concernés.


Un effet de groupe galvanisant les plus indécis


Twitter a ainsi permis de ne pas passer à côté du sujet et de l'événement en tant que tel, mais aussi de ne pas rater certaines opportunités de donner et de se sentir concerné par le malheur des autres. Suivre en temps réel un drame comme celui-ci influence, sans pareil, la vie quotidienne d'un simple internaute.

Twitter n'a cependant pas été le seul site communautaire à servir les intérêts des récolteurs de dons; Facebook ou encore iTunes ont très largement coopéré, la seule plateforme d'Apple ayant réuni plus de 3 millions de dollars en quelques semaines par la vente d'albums et de chansons issues du téléthon organisé par Hope For Haïti Now.

Par ailleurs, 47 % des Français comptent donner pour Haïti et 17 % d'entre eux ont l'intention de le faire via Internet.


Après son implication dans les révoltes en Iran, Twitter a encore prouvé que sa base de données et l'exploitation qui en est faite peuvent accélèrer énormément certains mouvements, parfois peut-être trop. Etre au plus près de la réalité permet cependant une prise de conscience exceptionnelle des événements du monde et si chacun se met à s'en servir à bon escient, on ne peut alors qu'espérer une ascension rapide de ce site vertueux. 

Par Bertrand de Volontat
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Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 17:25

 

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Dans les immenses locaux du musée lyonnais, un artiste connu de tous met la barre haute, en promettant de réunir 60 thèmes et 589 idées différentes, dans ce qui représente la plus grande exposition de sa vie.

 

Ben, mais si Ben, vous le connaissez forcément. Qui n'a dans son enfance ou son adolescence pas vu ou eu en sa possession dans les classes du collège et du lycée un agenda ou un bloc-notes arborant les phrases-chocs de Ben? Je serai le premier à vous dire que le nom de Ben ne m'évoquait pas grand-chose il y a encore peu et j'ai pourtant bien un joli bloc sur mon bureau scandant “j'ai un trou de mémoire”. Elle va dorénavant vite me revenir grâce à cette exposition dès le 3 mars prochain.

En effet, Ben Vautier ne se limite pas à la décoration du matériel scolaire et de bureau, c'est aussi un grand artiste qui s'affiche enfin à Lyon. Le Mac héberge ainsi pour la toute première fois une rétrospective de l'artiste sur 50 ans de passion : peintures, installations, vidéos et évidemment ses fameux slogans.

Cette exposition permettra ainsi aux non-initiés de découvrir l'un des artistes majeurs du siècle dernier, amoureux de la controverse, s'opposant au consensus parisien et qui a cependant servi de nombreuses causes humanitaires. Le grand public sera ainsi ravi de rentrer dans le monde subversif de celui qui déclara un jour que “la Suisse n'existe pas” mais aussi que “l'art est inutile”. Cet habitué de la provocation reste un fin analyste de la société, angoissé et en quête d'un renouvellement perpétuel de l'art.

Pendant plus de quatre mois, les Lyonnais auront le loisir de se balader à travers un espace de 3.000 m²

abritant près de 1.000 oeuvres recoupant tous les thèmes abordés par l'artiste de l'ego à l'ethnisme en passant par le sexe et la vérité. Des sujets plus qu'actuels qui ont traversé un demi-siècle sans prendre une seule ride.

Si le défi d'effacer le côté médiatique pour mettre en exergue l'aspect plus profond d'un artiste semble dur à relever, tout porte à croire que le Mac aura les épaules nécessaires pour le porter jusqu'au 11 juillet prochain.

Plus qu'une bonne occasion de percer à jour un idéaliste, cette exposition est une possibilité unique de comprendre comment l'art peut être porteur d'un message intergénérationnel.


http://www.ben-vautier.com/

 

http://www.mac-lyon.com/mac/

 

Par Bertrand de Volontat
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